Le frelon asiatique

Le frelon asiatique (Vespa vélutina), insecte introduit en France en 2004 fait partie de la famille des hyménoptères. C’est donc un proche cousin de nos chères abeilles.

Alimentation
Le frelon asiatique se nourrit principalement d’insectes (papillons, araignées, guêpes, chenilles, fourmis, pucerons…), sa nourriture principale est l’abeille à laquelle il prélevera et ne conservera que le thorax (apport en proteines important).

Reproduction
Un nid est constitué d’une mère, de mâles et d’ouvrières. En automne, la mère génère les futures fondatrices qui, une fois fécondées partent du nid pour hiverner sous un abri. Sur 200 individus, quelques unes seulement formeront une nouvelle colonie.

Cycles
Mi-février : La fondatrice sort d’hivernation, ébauche un nid primaire où elle commence à pondre et nourrir les larves avant l’operculation. Un mois et demi après (45 jours), ces dernières éclosent et deviennent ouvrières. Elles s’occupent du nid et nourrissent les autres larves alors que la fondatrice se consacre uniquement à la ponte d’une centaine d’œufs par jour (jusqu’à son épuisement en automne).

Juillet-Août : Le nid primaire fait place à un nid secondaire construit le plus souvent à plus de 10 m dans les arbres. Il se développe, produisant un nombre important d’ouvrières et de mâles. Un nid peut produire jusqu’à 13 000 individus pour les colonies les plus importantes. Sa taille augmente pour atteindre son maximum au début de l’automne. La colonie est composée uniquement d’ouvrières (femelles stériles) jusqu’à ce que la nouvelle génération de sexués mâles et femelles se développent au début de l’automne.

De octobre à novembre, les mâles et des femelles quittent alors le nid pour s’accoupler. L’accouplement aura lieu en plein vol puis au sol. La reine meurt peu de temps avant l’essaimage des sexués. La colonie dépérit et meurt au cours de l’hiver. Les reines fécondées hivernent seules ou par groupe de 2 à 3 dans des troncs, greniers et abris jusqu’à la mi-février.

Le nid
D’une taille imposante n’excédant pas 60 cm (80 cm de largeur pour certains), l’entrée du nid du frelon asiatique est latérale contrairement à celle du frelon européen qui se trouve au-dessous.

Ce que dit la loi
Le frelon asiatique Vespa vélutina a été classé par arrêté ministériel fin 2012 au titre du code rural en danger sanitaire de 2e catégorie pour l’abeille domestique.

Prédateurs naturels
Le pic vert, la pie-grièche écorcheur, le geai, le guépier d’Europe, la pie, la mésange ou encore la Bondrée apivore (rapace diurne de taille moyenne). À noter, ces prédateurs naturels peuvent s’intoxiquer s’ils consomment des individus des nids traités et laissés dans les arbres…

Protection des ruches
La pose de pièges, à partir du mois de juin jusqu’au mois d’octobre : l’appât est constitué de jus de vieille cire fermentée ou alors d’un sirop constitué de concentré de fruits, de bière et de vin blanc.
L’utilisation d’une perche téléscopique avec injection d’insecticide permet une destruction totale du nid. Celle-ci devra être effectuée à la tombée de la nuit ou au lever du jour (insecte diurne). « Si le nid est accessible, il est possible de le détruire sans insecticide à la tombée de la nuit, en bouchant le trou d’entrée avec du coton puis en enfermant le nid dans un sac avant de le détacher et de tuer la colonie par congélation. Il faut toujours être équipé d’une combinaison de protection adaptée contre les frelons.» (Source : INPN)

Poules, raquette ou muselière électrique, morceau de viande plus insecticide et autres méthodes, kits spéciaux ou inventions à prix prohibitifs, drones sont loin d’être des solutions efficaces.
(NDLR: En février 2019, le Fredon a publié un communiqué stipulant que ces dispositifs ne permettaient pas d’éradiquer à long terme le frelon asiatique). Pour les pièges type “bouteille”, un grand nombre d’insectes polinisateurs ou non se retrouvent piégés alors qu’ils sont essentiels à la biodiversité.
Poser une portière de couleur verte (marque Nicot) à l’entrée de la ruche est la première chose à faire en terme de prévention et dans le cas d’une trop grande concentration de frelons, le retrait de toutes les ruches du site serait une mesure nécessaire dans l’attente d’une mise en place de procédés efficaces et sélectifs.

Le programme de lutte collective
Un plan a été mis en place avec la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organimes nuisibles), le conseil départemental et les communes (au 5 décembre 2017, 380 s’étaient engagées soit 70 % des communes du Calvados).

La méthodologie
Dans un premier temps, il faut signaler le nid en mairie qui effectuera un enregistrement sur le portail de la Fredon. Après validation du nid (par l’organisme ou par un référent local), ce dernier sera détruit par traitement par une entreprise agrée. La facturation de l’intervention HT sera effectuée par la Fredon auprès de la commune à hauteur de 70% (possibilité de demander aussi une prise en charge au particulier concerné) et 30% par le département du Calvados.

En conclusion
Ralentir et limiter l’impact du frelon asiatique sera d’autant plus efficace qu’il nécessitera l’aide et l’effort de tous, accompagné d’un maillage du territoire pour signaler la présence du frelon et répertorier les colonies. L’échange et la mise à niveau des connaissances est essentielle et permettra une organisation efficace et des moyens de lutte raisonnés.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site de l’INPN (Institut national du Patrimoine naturel) :
inpn.mnhn.fr et frelonasiatique.mnhn.fr
Le site de la Fredon :
www.fredonbassenormandie.fr
www.frelonasiatique14.fr
Laurent bouguillon

Article tiré du numéro 21 d’À propos lice, bulletin d’informations destiné aux adhérents de la confédération des apiculteurs du Calvados.